Image de Baptiste Orieux sur le Pacific Crest Trail

Compte rendu

Ceci est mon dernier article.

Je n'ai pas vraiment expliqué ma dernière journée sur le trail, ainsi que les jours qui ont suivi. Je me suis levé vers 8h et j'ai commencé à marcher dans mes chaussures. Au bout de quelques minutes à peine, je suis passé à mes tongs. La douleur était insupportable; j'avais besoin de laisser mon pied à plat. Je marche très lentement, ne voyant qu'à peine le paysage défiler. C'était une journée ensoleillée dans un environnement magnifique plein de couleurs d'automne. Après 2h de marche, je voyais toujours mon point de départ. Koba et Z me dépasseront avant l'heure du midi et proposeront de porter tout le matos dont je n'ai pas besoin pour passer une nuit dans la foret. En effet, arrivés à la frontière, nous n'avons que deux options :
1) Faire demi-tour et marcher 30 miles pour rejoindre la route la plus proche
2) Franchir la frontière et faire 9 miles pour arriver à la route la plus proche

Z devait revenir sur ses pas car il n'a pas d'autorisation d'entrer au Canada; il aurait donc pu me ramener mon matériel en me croisant sur son retour. Je leur ai donné tout ce dont je n'avais pas besoin diminuant considérablement le poids de mon sac. Puis j'ai continué ma route. La douleur était de pire en pire. J'ai essayé de trouver des branches pour m'en servir comme des béquilles mais je n'en ai jamais trouvé de correcte. Je boitais de plus en plus et malgré 3 pilules de codéine je ressentais toujours autant de douleur au pied droit. Il m'aura fallu 8h pour faire les 14 derniers miles me séparant de la frontière. Tout le monde me dépassait !
Alors qu'il ne me restait que 5 miles, j'ai demandé à Orach, lorsqu'il me dépassait, s'il pouvait me donner du PQ et du duc-tape afin que j'ai de quoi faire des petits coussins pour mes genoux dans l'optique où mon muscle claquait, pour que je puisse marcher à 4 pattes sur les derniers miles. Je n'avais aucunement l'intention d'abandonner, pas si proche de la fin.

Et je l'ai fait. Il m'aura fallu 156 jours pour traverser les US. Je ne vais pas le cacher, j'ai pris mon temps. Et je ne regrette pas d'avoir fait des détours, pris des journées de repos et fait de petites journées ! J'ai en effet profité autant que je le pouvais de cette aventure, malgré toutes les souffrances et problèmes que j'ai pu avoir.
Arrivé au monument, j'étais plus soulagé qu'heureux. Soulagé de l'avoir fait, de l'avoir réussi. En effet, depuis le jour 1, je me demandais si j'allais être capable de le faire, et au plus j'avançais, au plus je me disais que ne pas y arriver serait vraiment décevant.

J'ai traversé des déserts, des forêts, des montagnes, ressenti la fatigue, la faim, la soif, rencontré des personnes que je n'oublierais jamais...
C'est une expérience inoubliable, et je suis fier de le dire : je l'ai fait.

Revenons-en aux petits défis que j'avais ajouté :
Ne pas me raser : Réussi !
Mettre à jour ce site à chaque fois que j'aurai une connexion à internet : Oui et non
Faire quelques nuits chez l'habitant pour découvrir la vie à l'américaine : Réussi !
Ne pas faire d'arrêt dans un hôtel : Complètement raté !

La journée qui suivait, j'ai du marcher les 9 derniers miles me séparant de Manning Park Resort, le camping le plus proche de la première route. Les adieux ont continué et c'était bien triste.
J'ai marché seul. J'étais perdu dans mes pensées, me remémorant des moments de mon aventure.
J'ai, non sans mal, atteint le camping où j'ai pu faire une douche et manger un vrai repas. Puis je me suis assis avec les autres hikers, et j'ai profité de cette dernière journée avant le grand retour tant redouté dans la société. Le bus nous emmenant de Manning Park a Vancouver passe à 2h du matin; il faut attendre jusque là.

Vous l'avez remarqué, la nourriture est omniprésente dans mes articles. Oui, c'était une obsession sur le trail ! Vous avez peut être aussi remarqué que je m'extasiais souvent devant la gratuité de certaines choses, ou la bonté de certaines personnes. Et bien avec un peu de recul, je suis triste. Triste de voir que ma génération n'est pas habitué à ce genre de chose. Alors que l'entre-aide devrait faire partie de notre quotidien, je ne l'ai découverte que sur le trail. Je me sens définitivement redevable envers un bon nombre de personnes pour m'avoir donné tant de bons souvenirs qui m'ont plus d'une fois aidé lors des moments difficiles.

J'ai passé 3 nuits à Vancouver avant de prendre un avion vers la France.

A l'heure d'aujourd'hui, j'ai du mal à reprendre la "vie normale". Ma tête est toujours sur le trail et je n'ai aucunement envie de rester dans cette société.
Néanmoins, je n'ai pas encore prévu de faire une autre randonnée. J'ai tout de même un nouveau projet et je mettrais bientôt le nouveau site en ligne.
Si vous souhaitez être informé de ce nouveau projet, je vous conseille de vous inscrire à ma newsletter en utilisant le formulaire en bas de la page.



Merci de m'avoir suivi sur le Pacific Crest Trail !

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